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Article sur un processus de transition.
Références : - extrait de la carte postale d’Alain durant l’été 2020,- article publié dans la Revue d’analyse de pratiques professionnelles Gemmiti, L., Mounerat, M-C., Roch, C. et Weber, S. (2019 - article de Roberge (2002)
Tous les extraits de la carte postale ou des références dans le texte sont signalés en italique et bleu.

 

Il est parti. Il est parti après 11 ans de collaboration avec moi, pendant lesquelles je me suis senti écouté, je me suis senti moi-même, et j’ai construit avec lui des dispositifs de formation. Il est parti parce que la retraite lui tendait les bras, pour prendre ses aises, pour vivre une nouvelle vie sur un nouveau chemin. Il est parti sans crier. Ai-je pris le temps de savoir ce que cela signifiait pour moi?

Je me retrouve à une croisée de chemin sans crier gare, sans avoir pris le temps de préparer la transition afin de retrouver un nouvel équilibre. Aujourd’hui en courant, je pense à lui, en vivant en mouvement, ma tête et mes neurones bougent s’activent. Les images des formations que nous avons montées ensemble, les images de travaux de recherches que nous avons poursuivis à deux, les images des soirées et rires que nous avons vécues, les images des réflexions à deux dans notre bureau, me font repenser à ces 11 ans de collaboration avec lui.

Je réalise que je suis seul je ne peux plus m’appuyer sur lui, il est parti!

Suite à son départ, une petite fête a eu lieu, il a écrit un mot que je me remémore aujourd’hui.
Nous avons partagé de multiples événements marquants… Ton investissement phénoménal dans toutes les tâches que tu entreprends ont été un moteur de ces nombreuses années passées ensemble à la HEP.
Et dire que moi je pensais m’appuyer sur lui, je réalise qu’il s’est aussi appuyé sur moi, je n’en avais pas pleinement conscience je le remercie ici par cet article sur mon blog.

En écrivant ces mots ici et maintenant, j’ai la voix qui vacille, la transition n’est pas achevée, c’est un nouvel équilibre un cycle qui s’achève. Après l’automne et l’hiver, le printemps et l’été reviennent. Je fais ici référence à Roberge (2002)
Comme dans la nature, nous traversons des cycles dans nos vies, dont l’évolution peut être comparée à celle du cycle des saisons. Quand tout va bien, quand on connaît une certaine stabilité au travail, qu’on entretient et cultive nos jardins professionnel, familial, affectif, personnel, social, spirituel et autres, c’est en quelque sorte l’été. Mais arrive une fin, une perte, une rupture, une cassure, et c’est l’automne qui s’installe, avec ses nécessaires achèvements. Il sera suivi par le vide, le froid et l’ombre de l’hiver, amenant errance et doutes. Puis, tout doucement, le printemps et la vie reviendront avec leur fragilité et leur force, dans le commencement et la création. Le doux temps ramène le calme.
J’aime citer Roberge et ses saisons. Je l’ai reprise dans un article que vous trouvez sur le site concernant les moments de transition, qui suivent les signes précurseurs d’un nouveau cycle.

Il est parti et je me suis retrouvé à devenir le doyen d’une équipe, sans autre préparation, celui sur lequel les nouveaux s’appuient, or je n’étais pas prêt.! Pas prêt à reprendre toutes ces responsabilités, à offrir du temps sans compter. Or prêt à endosser ce rôle, en ayant oublié que l’équilibre doit perdurer, les deux plateaux de la balance se compensent, d’un côté ce que l’on donne et de l’autre nos ressources. J’ai mis de côté mes ressources pendant un temps.

L’air de rien, je te dis au revoir cher Alain, tu as été l’une de mes ressources durant ces 11 ans. Tu as été une ressource discrète, présente et toujours là et j’ai pu m’appuyer sur toi, comme tu le dis dans tes mots. Ta passion, ton envie, ton enthousiasme avec les petits a fait que j’ai aussi pu développer ces compétences, alors MERCI.

Je réalise que la transition opère enfin, mon nouvel équilibre pointe le jour, celui sans Alain, je suis peut-être enfin prêt à relever ce nouveau défi. Il a fallu passer par un moment d’errance, de doutes, de fatigue pour me rendre compte que chaque cycle suit des étapes que régulièrement nous omettons de verbaliser ou de clarifier. C’est chose faite, ma course de ce jour, en mouvement avec mon corps corrobore une fois de plus que ce dernier sait avant mon esprit. Qu’est-ce qui fait que je ne sollicite pas toujours ce corps qui sait? Une vraie question a se poser plus souvent.

Un changement se prépare, s’organise et se conscientise au risque, si les étapes ne sont pas toutes bien vécues, de se retrouver en rupture ou en errance. (Gemmiti, L., Mounerat, M-C., Roch, C. et Weber, S. 2019)

Le fait d’avoir pris un temps pour te dire au revoir et merci cher Alain, me permet de me relancer et de retrouver mon équilibre sur ce chemin. Le fait de le verbaliser et de le mettre sur mon blog m’encourage à avancer. (14 décembre 2020)

 

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